Togo : Rasmata Taondyande, un modèle de femme transformatrice

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La trentaine révolue, la silhouette athlétique et légèrement robuste, la voix douce, le sourire aux lèvres et le regard éveillé, elle laisse entrevoir à la vue l’image d’une femme volontariste. Dans les allées de la foire « Made in Togo » ce mardi 30 juillet 2019, elle a déjà fait de nombreux va et vient entre son stand et plusieurs autres. Difficile de dire ce que cherche Rasmata Taondyande.

Titulaire d’un Brevet de technicien supérieur en maintenance informatique et réseaux depuis la fin de l’année 2016, elle a très tôt abandonné câbles et ordinateurs. « En réalité, je ne me suis réellement jamais bien sentie dans un bureau pendant plusieurs heures. J’aime bouger. Déjà en stage, j’ai compris qu’il me serait difficile d’exercer ce métier. En plus, il ne me plait pas de travailler sous la responsabilité d’une personne », laisse comprendre la jeune femme.

De l’ordinateur à la cuisine !

Les Ivoiriens le professent bien : « quelqu’un laisse, quelqu’un prend ». Derrière les petites bouteilles de piment de tables, de mélanges d’épices, de gingembre, de curcuma, de poivre noir… Bref, de douze différentes épices, Rasmata montre aisément que c’est la transformation des épices qui a conquis son cœur professionnel. Faisant de la technicienne en maintenance informatique et réseaux, la copromotrice de l’entreprise de transformation de produits dénommée Soumbissi food installée à Sotouboua, ville située à 288 km de Lomé, la capitale togolaise. Son associée, c’est sa mère Alai Doga.

En fait, explique-t-elle, « ma mère s’adonnait à cette activité depuis plusieurs années. Puisqu’elle a remarqué que c’était une activité porteuse car les populations vers le Burkina-Faso aiment beaucoup les épices. Pour ma part, je commercialisais les produits à mes enseignants et dans mon école. Donc après mon stage et l’obtention de mon diplôme, j’ai laissé d’abord la maintenance pour me consacrer pleinement aux activités de transformation ». Et elle insiste : «dans le travail avec ma maman, je me sens plus à l’aise, je me sens sur ma voie ».

Avec les matériels installés à Sotoboua, la mère et la fille, appuyées de deux autres collaboratrices à plein temps et parfois des employés saisonniers dont l’effectif peut aller jusqu’à quatre. Le produit fabriqué est ainsi écoulé sur les marchés locaux aux acheteurs individuels. Une partie des épices transformées et embouteillées est convoyée à Agoè, proche de Lomé pour être distribuée dans la région méridionale.

Des ambitions

Rasmata Taondyande

Pour le futur, la jeune dame nourrit l’ambition d’un complexe commercial. Une activité qui réunit les deux secteurs dans lesquels elle a des compétences. De manière concrète, une boutique où seront vendus les produits, un restaurant où la saveur des produits sera appréciée dans des mets puis un cybercafé ou un centre informatique. De quoi lui permettre de travailler
dans le même périmètre.

« Nos perspectives, c’est d’avoir un dépôt dans chaque région du pays. Nous pensons aussi d’ici 2020 approvisionner d’autres pays. Mais avant nous devons augmenter nos capacités de production. Pour cela, nous avons besoin de financements et nous nous employons à les chercher », informe Ramata. Mais pour le moment, elle et sa mère peuvent se réjouir des formations diverses qu’elles reçoivent, de la broyeuse obtenue grâce à l’Organisation des nations-unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et de l’obtention des stands gratuits lors des foires. D’ailleurs, elles reviennent de la foire Evala à Kara.

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