Togo – Présidentielle 2020 / Les secrets de la victoire éclatante de Faure Gnassingbé

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Juste après la fermeture des bureaux de vote samedi soir, les remontées de terrain présageaient d’une victoire au premier tour. Les résultats provisoires de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) confirment l’évidence. Le candidat du parti Unir, Faure Essozimna Gnassingbé est en tête des résultats sortis des urnes le samedi dernier. Selon les chiffres, Faure Essozimna Gnassingbé obtient 72,36 % des suffrages exprimés. Un score qui bloque la tenue d’un second tour. Son challenger direct en la personne de Kodjo Messan Agbéyomé obtient 18,37 % des voix. Ironie du sort, Jean-Pierre Fabre, celui qui lors des deux dernières élections présidentielles avait obtenu plus de 30 % des suffrages récolte cette fois-ci 4 %.

Et pourtant, placé au début de ce processus électoral si controversé, dans la charrette de l’alternance avant le jour du scrutin, le chef de l’Etat sortant a vite confirmé sa longueur d’avance dans les cœurs de ses électeurs et mis ses adversaires politiques sur les béquilles. Tombés sous le charme du bilan du mandat social et l’éclat de son projet de société, les citoyens togolais dans leur grande majorité du nord au sud n’ont nullement hésité à porter le choix sur le candidat du parti Unir. Et cela, grâce à une campagne électorale méthodique et méticuleuse de proximité et de contact direct avec les populations. Le travail de séduction de l’électorat togolais n’a pas commencé pour Faure Gnassingbé le jour de l’ouverture officielle de la campagne électorale. Bien plus tôt.

Une campagne de proximité

Pour briguer à nouveau la présidence de la République, il a misé sur de la minutie, bien des mois avant, dans une démarche apparente et underground. En vérité, tout a commencé avec le recrutement de jeunes volontaires non rétribués dans toutes les contrées du pays. Appelés “FaureWARD“, ils étaient 15. 383 au total et avaient pour rôle majeur d’aller à la rencontre des familles sur toute l’étendue du territoire national. C’était un travail de contact, de mise en relation et d’échanges décliné en deux phases précises. En amont, des familles ont été approchées et interrogées sur les attentes dans le cadre de l’élection présidentielle qui allait se tenir au début de l’année 2020. Entamé auprès de 300. 000 familles, ce premier contact a permis de recueillir les préoccupations, les inquiétudes, les besoins des populations. Une battérie de données et d’attentes qui ont été des ingrédients essentiels dans l’élaboration et la formulation du projet de société du candidat.

De cette phase de contact, les jeunes volontaires, sont passés ensuite à la phase de partage. Échanges sur les réussites au cours du mandat social, les promesses du candidat et ses atouts face à ses concurrents. Pour des familles rencontrées déjà une fois, les contacts ont été beaucoup plus chaleureux et sympathiques sur toute la ligne. Au cours de cette descente, les jeunes volontaires en faisant du porte-à-porte ont exposé aux populations l’intérêt de voter pour le candidat du parti Unir. Ce travail de terrain bien avant l’ouverture de la campagne électorale a été décisif dans le choix des électeurs. Ils se sont sentis pour une rare fois concernés par l’enjeu d’une élection présidentielle.

Une gouvernance concertée pour une croissance inclusive

Préoccupé par l’inclusion sociale et le bien-être pour tous, le candidat comptait surtout mobiliser de manière stratégique nos ressources humaines. Et cela a été plus remarquable quand il est descendu dès le lendemain de l’ouverture de la campagne sur le terrain. Sa stratégie s’est inscrite dans la continuité des volontaires. Une campagne tout aussi de proximité. Dans toutes les préfectures ou les villes des cinq régions parcourues pendant les quinze jours de campagne, le chef de l’Etat sortant n’a pas que tenu des meetings populaires. Moins visibles sont ces rencontres avec des groupes cibles. Il s’agit des associations de jeunes, les regroupements de femmes, les bénéficiaires de différents programmes d’autonomisation du gouvernement, des agriculteurs, des producteurs… Des corps de métier déjà identifiés par les volontaires et qui ont tôt fait de s’approprier la nécessité de la continuité traduite à travers le slogan “Allons-y Faure”.

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