Togo/ Présidentielle 2020 : Face à Faure Gnassingbé une opposition désunie

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Ils sont officiellement connus. Au total dix (10) candidats déclarés pour la présidentielle prochaine. Ils sont ceux dont les dossiers ont été reçus à la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI). S’ils ne sont pas pour la plupart inconnus, deux figures importantes de l’opposition sont déjà dans les starting blocks.

Jean-Pierre Fabre, le chef de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), déjà candidat en 2010 et 2015. Agbéyomé Kodjo, chef du Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement (MPDD, ex-Obuts). Il se présente comme le candidat unique de l’opposition, désigné par les Forces démocratiques, une coalition initiée par Mgr Philippe Fanoko Kpodzro, archevêque émérite de Lomé qui a lancé l’initiative en ce sens. Face au Chef de l’État et candidat de l’Union pour la République (Unir), Faure Essozmina Gnassingbé, plusieurs candidats se sont annoncés en vue d’une alternance. Mais à chacun ses atouts et sa vision du Togo.

Jean-pierre Fabre, candidat ANC

Le chef de l’Etat sortant a toutes les chances de remporter. Puisqu’une fois encore l’opposition est face à l’un de ses vieux démons : la division. Au-delà, il y a aussi des prétendants dont le profil et la vision pour le Togo reflètent moins les aspirations des populations. Tous pour la plupart se réclamant de l’opposition, ils n’ont pu s’entendre sur une candidature unique. En premier, Jean-Pierre Fabre qui a refusé l’idée. Ses atouts ? Il en a au moins deux. D’abord sa constance dans l’opposition. Enfin, l’envergure de son parti, mais effritée ces derniers mois en raison non seulement de la stratégie de boycott lors des législatives dernières et des violences auxquelles le parti est associé lors des différentes manifestations. Ses défauts ? L’ANC n’est plus le premier parti d’opposition à l’Assemblée nationale. Et cela a plutôt radicalisé sa position l’isolant du coup du vœu de paix et de stabilité réclamé par les populations.

Les Forces démocratiques ont investi Agbéyomé Kodjo comme candidat à la présidentielle du 22 février. Mais à peine désigné qu’il est criblé de nombreuses critiques dans les rangs de l’opposition. Il ne serait pas légitime pour la plupart et son profil ne vient pas arranger l’affaire dans un contexte d’alternative. Mis en cause puis innocenté dans l’affaire des incendies des marchés de Lomé et de Kara, il fut l’ancien Premier ministre de Feu Gnassingbé Eyadéma. Moins critique avec le pouvoir de Faure Gnassingbé, il était l’un des acteurs politiques à s’opposer à la stratégie de la rue adoptée par le Parti national panafricain (PNP) de Tikpi Atchadam et l’Alliance national pour le changement (ANC).

Agbéyomé Kodjo, candidat unique des forces démocratiques

Ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture (1988-1991), puis de l’Intérieur et de la Sécurité (1992-1993), avant de devenir directeur du Port autonome de Lomé, suite à la répression sanglante des manifestations de l’opposition en janvier 1993, cet ancien président de l’Assemblée nationale a un passé lourd et nocif à l’enjeu du moment. Pour alors une bonne partie de l’opposition et des Togolais, il ne saurait porter l’étendard d’une alternative crédible. Il part donc avec un handicap. Toujours dans l’opposition, d’autres candidats se sont, eux, annoncés pour la course. Surtout qu’avec le nouveau mode de scrutin à deux tours, l’opposition préfère aller en rangs dispersés. Sauf qu’elle ne saurait pas remporter devant un Faure Gnassingbé dont l’expérience, le bilan et la mobilisation nationale sont ses atouts.

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