Togo : Pourquoi le secteur privé doit-il investir dans l’agriculture ?

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Lors du lancement du Plan national de développement (PND), l’un des objectifs phares était d’améliorer la productivité agricole de l’ordre de 10% par an, d’embellir aussi la balance commerciale agricole de -44 milliards de FCFA en 2016 à -5,65 milliards de FCFA à l’horizon 2022 et ceci à travers une réduction du taux de pauvreté en milieu rural à moins de 50% en 2022. Entretemps, la pandémie du Covid-19 est passée par là. Mais l’ambition reste la même et déclinée dans la nouvelle feuille de route. Et pour y parvenir, l’Etat compte mobiliser l’appui du secteur privé et des partenaires au développement qui découvrent aujourd’hui le grand intérêt à investir dans l’agriculture au Togo.

Et pour cela le gouvernement sous la haute direction du Chef de l’Etat a décidé de consacrer plus de ressources à travers non seulement des mécanismes novateurs de financements adaptés mais d’autres instruments qui incitent l’investissement privé. “Notre pays devra consolider ses succès passés, notamment en matière d’assainissement des finances publiques, tout en continuant d’accroître les investissements et de renforcer les capacités de transformation de nos produits”, a indiqué Faure Essozimna Gnassingbé dans son message de vœux à la Nation le jeudi 31 décembre dernier.

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Dans la feuille de route gouvernementale 2020-2025, 4 projets et une réforme majeure ont été prévus pour faire de l’agriculture un véritable moteur de croissance. Il s’agit de l’amélioration des rendements agricoles à travers une stratégie nationale couvrant notamment la mécanisation, l’irrigation et l’accélération de l’utilisation d’intrants. Il y a aussi la construction de 4000 km de voies rurales ciblant les zones agricoles à fort potentiel d’exportation afin de connecter les agriculteurs au marché. A cela s’ajoute l’accélération du Mécanisme Incitatif de Financement Agricole (MIFA) afin de supporter 1 million d’agriculteurs et l’agrandissement de l’agropole de Kara en partenariat avec le privé. Ici, l’ambition est une extension des surfaces cultivées à 165000 ha2.

Des projets et des réformes pour une transformation structurelle de l’agriculture

Tous ces projets seront soutenus par la réforme d’une nouvelle politique foncière agricole afin d’identifier et de consolider les terres agricoles ainsi que d’accroitre leur productivité. C’est d’ailleurs dans ce cadre que le gouvernement avait lancé l’élaboration de la carte des fertilités des sols. Et dans ce cadre, près de 2 millions d’hectares de terres ont déjà été analysés pour permettre aux agriculteurs de connaître les caractéristiques de leur sol afin de mieux les orienter à adapter le type de culture et les engrais spécifiques qui conviennent. Sur la superficie déjà examinée, qui représente 55% de l’espace agricole national, un peu moins de 1,2 millions ha ont été cartographiés, soit 33,18% des terres agricoles nationales.

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En ce qui concerne, le MIFA, les mobilisations de fonds se poursuivent. Au mois de juin dernier, le mécanisme avait déjà mobilisé 26 milliards de F CFA sur les 50 milliards de F CFA prévus pour l’année 2020. Une performance qui rappelle celle de 2019, où le niveau de financement a été supérieur à 8,1 milliards de F CFA, dépassant les prévisions qui avaient été établies à 7 milliards de F CFA. Ces ressources ont bénéficié en 2019 à 76 500 producteurs, qui ont ainsi pu améliorer leurs rendements et élargir la base des emplois. De quoi rassurer non seulement les investisseurs privés mais aussi le monde rural qui a désormais à sa disposition un mécanisme innovant de financement pour les PME. C’est dans cette droite ligne que l’ouverture du capital de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) a eu lieu avec l’entrée de la société Olam International pour relancer la production cotonnière. Les premières actions sur le terrain dans ce sens sont la construction et la réhabilitation de 4000 Km de pistes rurales à travers les cinq régions économiques du pays dans le cadre du Programme d’Appui aux Pistes Rurales (PAPR).

Et ce n’est pas tout. La toute dernière action du gouvernement dans le but d’accueillir des investisseurs et entrepreneurs locaux ou étrangers dans le secteur agricole est le lancement des travaux de la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA). Lancé le 25 Août 2020, ce parc industriel “permettra d’industrialiser la transformation locale de nombreux produits togolais, notamment issus de l’agriculture, comme le coton, l’anacarde, le soja, le riz ou encore le sésame, et donc de faciliter leur exportation, générant d’importants revenus pour le pays”, selon Alain Saraka, directeur de la stratégie d’Arise IIP et IS.

Sans coup férir, le Togo s’est engagé dans une nette intensification de ses atouts tels que l’agriculture en visant le secteur privé. D’ailleurs sur le coût total du Plan National de Développement (PND) qui est de 4 622 milliards de F CFA, une mobilisation de l’ordre de 2 999 milliards est attendue du secteur privé. Même si la pandémie a obligé à réadapter ce plan à la réalité, les orientations stratégiques restent les mêmes. “Nous pouvons légitimement être fiers de nos atouts et en faire des avantages comparatifs, pour hisser notre pays à la hauteur de nos ambitions de développement, en dépit de l’impact de la pandémie actuelle”, avait conclu le Chef de l’Etat dans son message de vœux du 31 décembre 2020.

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