Togo/ Messan Agbéyomé Kodjo, le bourreau de l’état de droit.

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Sale temps en perspective pour le leader du Mouvement Patriotique pour la Démocratie et le Développement (MPDD) et candidat à la présidentielle du 22 février dernier. Par une lettre en date du 09 mars 2020, la présidente de l’Assemblée Nationale a été saisie par le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Lomé d’une demande de levée de l’immunité parlementaire du député Messan Agbéyomè KODJO. Aussitôt une commission spéciale a été mise en place conformément aux dispositions du Règlement Intérieur de l’institution.

Dans sa demande, l’autorité judiciaire se fonde sur les violations répétées du code pénal qu’induisent les agissements compromettants de l’intéressé, ces dernières semaines après la proclamation des résultats provisoires et définitifs de l’élection présidentielle. Depuis lors, le malheureux candidat n’a guère cessé de contester les résultats. Et dans l’enchaînement de ses inélégances, il a cédé à la défiance et une rébellion contre les institutions et les lois de la République. A l’en croire, il aurait battu le président sortant Faure Gnassingbé contrairement aux résultats de la Ceni et de la Cour constitutionnelle. Il s’autoproclame même président élu, s’adresse aux forces de sécurité et de défense et en nommant même un premier ministre.

Et pourtant selon l’alinéa 2 de l’article 106 de la Constitution du 14 Octobre 1992, “les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités civiles, militaires, juridictionnelles et aux personnes morales et physiques”. En refusant alors d’accepter la vérité des urnes, Messan Agbéyomè Kodjo a préféré la pratique du pire violant les lois et règlements de la République Togolaise. Ses agissements constituent un trouble aggravé à l’ordre public et une atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat. Des faits punis par le code pénal en ses dispositions 490 et 495. En plus, il lui est également reproché la diffusion de fausses informations et la dénonciation calomnieuse. La demande de la levée de l’immunité parlementaire introduite par le Procureur de la République auprès du Tribunal de Première Instance de Lomé est bien justifiée surtout qu’elle est solidement motivée.

En clair, le candidat malheureux décide de se faire passer pour un rebelle de la légalité constitutionnelle. Désormais résolu à inciter à la violence, il n’a certainement pas pris la mesure de l’ampleur des entorses causés par son discours excessif et ses actes parfois de défiance de l’autorité de l’Etat. Peut-être éraflé par la crainte, sinon l’évidence de perdre l’élection et la peur de la finitude, sous le poids d’un règne politique crépusculaire, Messan Agbéyomè Kodjo n’a pu arrêter le flot tumultueux mouvant son corps et son esprit dans la forfaiture. Il devra en répondre. Son immunité parlementaire considérée à tort comme la garantie à tous les excès est en attente d’être levée. Et ce sera l’occasion pour le trublion qu’il devient de répondre de ses actes. Plus qu’une question de tradition républicaine, c’est une question de responsabilité.

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