Togo : les faits marquants de l’actualité du 29 Octobre au 02 novembre 2018

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La participation du Président Faure Gnassingbé au sommet du G20 sur les investissements en Afrique, la poursuite du processus électoral avec la prise de fonction des experts de la CEDEAO chargés d’auditer le fichier électoral, l’atelier sur la revue à mi-parcours de l’année 2018 de la réforme des finances publiques, la rencontre entre le Togo et le Ghana pour la délimitation de leurs frontières maritime, la fin de mission des responsables du FMI  au Togo dans le cadre de la revue du FEC…Tels sont les principaux sujets qui ont fait la Une de l’actualité au plan national au cours de cette semaine qui s’achève.

 

A l’invitation de la Chancelière allemande, Angela Merkel, le Président de la République SEM Faure Essozimna Gnassingbé a participé du 29 octobre au 1er novembre 2018 à Berlin en Allemagne au sommet du G20 sur l’investissement en Afrique. Ce sommet qui regroupe des Chefs d’Etat et de gouvernement des pays partenaires du label Compact With Africa, a été l’occasion pour le Chef de l’Etat et sa délégation de « vendre » le nouveau référentiel de développement national, baptisé Plan National de Développement (PND 2018-2022) à leurs partenaires allemands.

En effet, le Président togolais et sa délégation, composée de membres du gouvernement et d’acteurs du secteur privé, ont multiplié les audiences et les rencontres avec des chefs d’entreprise allemands et également des personnalités politiques et économiques. Objectif : exposer la vision de développement du pays sur la période 2018-2022 et attirer le plus possible d’investisseurs, en confirmant, par la même occasion, les bonnes performances mises en avant par le Doing Business 2019. Faure Gnassingbé a d’abord rencontré Gerd Müller, le ministre fédéral de la coopération allemande puis Christine Lagarde, DG du FMI. Avec les deux personnalités, il a été question des axes stratégiques du PND et de renforcement des relations.

Le Président togolais a ensuite pris part à la conférence proprement dite où la chancelière allemande, Angela Merkel a annoncé la création d’un fonds de 1 milliard d’euros. Ce fonds, selon la dirigeante allemande, est destiné à favoriser les investissements des PME allemandes et européennes en Afrique. Prenant la parole, le n°1 togolais a invité les investisseurs à « oser venir » et « oser investir en Afrique », après avoir partagé avec l’assistance, l’expérience du Togo en matière d’énergie. Faure Gnassingbé a également pris part à un petit-déjeuner, auquel ont également participé des opérateurs économiques allemands et togolais du secteur privé.

Des audiences accordées au Groupe Heidelberg Cement, déjà présent au Togo, au PDG Afrique de Volkswagen, au président de la fédération allemande des PME/PMI, puis une table ronde des investisseurs réunissant 30 CEO allemands ont meublé l’agenda présidentiel de ce séjour berlinois. Le marathon présidentiel s’est achevé ce 1er novembre à l’usine de turbines à gaz du Groupe Siemens, impliqué dans la construction de la centrale thermique Kekeli Efficient Power à Lomé. La veille, le Chef de l’Etat togolais avait reçu le PDG de l’Industriel, André Bouffioux.

Rappelons que le sommet du G20 sur l’investissement est une initiative lancée en juin 2017 lors du sommet du G20 à Hambourg avec pour objectif d’améliorer les conditions générales du business en Afrique (au niveau macroéconomique, entreprenariat, financier) de manière à dynamiser le développement socio-économique des pays signataires. Cette initiative est en principe ouverte à l’ensemble des pays africains montrant un intérêt pour une amélioration durable de leur attractivité auprès des entreprises et investisseurs étrangers. Le mouvement compte actuellement 12 pays membres : Bénin, Burkina Faso, Égypte, Éthiopie, Ghana, Guinée, Côte d’Ivoire, Maroc, Rwanda, Sénégal, Togo et Tunisie.

 

Dans la cadre de la poursuite du processus électoral au Togo, la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a dépêché le mardi 30 octobre à Lomé deux experts chargés d’auditer le fichier électoral.  Les auditeurs commis par la CEDEAO pour l’audit du nouveau fichier électoral du Togo ont été présentés à la Commission électorale nationale indépendante (CENI) et ont pris fonction mardi. Karine SAHLI-MAJIRA et Mamady Condé, experts en audit de fichier électoral auront la charge d’aider le Togo à avoir un fichier fiable pour les prochaines élections. Ils ont indiqué que leur intervention a pour objectif principal de veiller à ce que l’ensemble des procédures mises en œuvre par la CENI pour la constitution du fichier électoral réponde aux normes et standards de transparence, de fiabilité et de crédibilité. Le même jour, Me Aissata Zada et le Prof Honoré Guie, les deux experts électoraux de la CEDEAO ayant suivi la phase du recensement électoral ont livré leurs points de vue sur le déroulement des opérations. Ils ont exprimé leur appréciation et leur satisfaction sur le travail qui a été fait par les responsables de la CENI depuis leur prise de fonction jusqu’aux opérations d’enrôlement des électeurs qui se sont achevées le 25 octobre 2018. Les experts ont également mis l’accent sur l’importance de la préservation de la paix au Togo, aussi dans la sous-région et sur la détermination de l’institution communautaire à œuvrer dans le sens de la tenue des élections législatives à la date indiquée. Précisons que l’assistance qu’apporte la CEDEAO au Togo dans le cadre des élections législatives fixées au 20 décembre prochain, s’inscrit dans le cadre des recommandations de la feuille de route de sortie de crise élaborée par les Chefs d’Etat Ouest-africain à l’occasion du sommet du 31 juillet 2018 à Lomé.

 

La réunion constitutive du Réseau africain des experts et professionnels en commande publique a pris fin le 31 octobre à Lomé. Débutée lundi, cette rencontre qui a réuni une centaine d’experts et professionnels en commande publique venus de 45 pays d’Afrique avait pour but de mettre sur pied un réseau unique africain des experts et professionnels en commande publique pour la mutualisation des expériences en matière de commande publique en vue d’impulser les réformes dans ce domaine. Ainsi donc au terme des deux jours de travaux, le directeur de l’ARMP du Sénégal, Saer NIANG a été élu président du Réseau africain des experts et professionnels en commande publique.

Le poste de secrétariat technique sera assuré au sein du bureau par le Togo qui abrite également de façon provisoire le siège du Réseau. Le comité exécutif comporte les représentants des différentes zones de l’Afrique. La réunion de Lomé a également servi de cadre de discussion sur l’harmonisation des textes en matière de commande publique en Afrique. A noter qu’au Togo depuis près de 10 ans, des reformes substantielles ont été engagées dans le domaine des marchés publics.

Le tout nouveau réseau mis sur pied portera la voix unique de l’Afrique sur les questions liées à la commande publique et assurera un rôle central dans l’élaboration des lignes directrices et des stratégies de reformes dans le domaine de la commande publique. Techniquement, il accompagnera les gouvernements dans la modernisation et la rentabilisation des acquisitions publiques sur le continent africain.

 

Les gouvernements du Togo et du Ghana ont tenu mardi et mercredi à Lomé une rencontre d’échanges en vue de la délimitation des frontières maritimes entre leurs deux pays. La rencontre qui a réuni les Commissions des frontières du Togo et du Ghana entre dans le cadre des négociations devant aboutir à une délimitation pacifique de la frontière maritime afin de maintenir le climat de paix et de sécurité entre les deux Etats. Les échanges qui se sont tenus du 30 au 31 octobre 2018 à Lomé, ont été ouverts par le ministre togolais de la sécurité et de la protection civile, le général Damehame Yark.

Le Togo et le Ghana entendent ainsi poursuivre le travail déjà amorcé à Accra lors de la réunion du 5 juin 2018 pour une délimitation parfaite de leurs frontières maritimes. A l’ouverture de la rencontre, Yark Damehane avait indiqué que l’objectif est d’approfondir les discussions entamées à Accra en vue d’aboutir à une solution négociée, juste et équitable conformément au droit international. Les autorités togolaises ont contesté ces derniers mois l’attribution d’un marché d’exploration pétrolière dans le bloc ultra-profond de Kéta-Est, estimant que la concession pétrolière octroyée se situe en territoire togolais.

Une situation qui a poussé le Comité de l’intérêt public et de la responsabilité (PIAC Ghana) à recommander aux autorités ghanéennes de trouver une solution avec le Togo notamment par une délimitation de la frontière maritime. Les deux parties prenantes affirment toutefois être prêtes à des discussions aux fins de trouver un accord pour vider ce contentieux qui existe de longue date entre les deux pays. Une démarche en ligne avec les dispositions de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer de 1982 et celles de 1958, applicables à la mer territoriale et à la zone contiguë.

 

L’atelier sur la revue de la performance du plan d’action de la réforme et de la gestion des finances publiques (PA-RGFP 2018) a été officiellement lancé le mercredi 31 octobre à Lomé par le ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Cette rencontre d’après les experts, va permettre d’évaluer la performance des réformes des finances publiques à fin juin 2018, d’identifier les forces et faiblesses, puis de prendre des dispositions pour améliorer la mise en œuvre desdites réformes avant la fin de l’année.

Il va aussi permettre de faire ressortir le niveau de réalisation des activités programmées pour le premier semestre de l’année en court en lien avec les réformes validées en avril 2018 pour la période 2018-2020 et les plans de travail du budget annuel (PTBA 2018). A l’ouverture des travaux, le Secrétaire permanent chargé des réformes, Aharh-Mongo Kpessou, représentant le ministre de l’économie et des finances s’est montré optimiste. « Le chantier des réformes est vaste mais il avance », a-t-il affirmé. Et de poursuivre : « les réformes en cours d’exécution ont permis d’améliorer la performance économique de notre pays au cours de ces dernières années mais beaucoup reste à faire ».

Il faut noter que l’organisation des revues pour l’exercice 2018, a connu un retard dû, d’après les responsables du ministère de l’Économie et des Finances, aux travaux d’actualisation des budgets programmes des ministères et institutions pour la période 2019-2021.

Une mission du Fonds Monétaire International (FMI) a séjourné du 18 au 31 octobre 2018 dans la capitale togolaise aux fins de la 3ème revue, au titre du programme du Togo soutenu par la Facilité Elargie de Crédit (FEC). Dans un communiqué de presse diffusé mercredi à l’issue de la revue, la mission a noté une performance globalement satisfaisante dans le cadre du programme soutenu par le FEC. Elle indique également que tous les critères de performance quantitatifs et 3 repères structurels sur 5 ont été respectés. « Les réformes budgétaires structurelles sont progressivement mises en œuvre.

L’activité économique commence à se stabiliser et le taux d’inflation est ressorti à 0,9% en septembre 2018 », lit-on dans le communiqué officiel. « Après avoir connu en 2017 une décélération en raison des tensions économiques, la croissance économique devrait s’accélérer pour atteindre un taux de 4,7% en 2018 », a indiqué la note du chef de la mission, Ivahosina Razafimahefa. Sur un autre point, la mission du FMI affirme que l’activité économique montre des signes d’un début de stabilisation malgré les faiblesses persistances observées dans certains secteurs. La mission se réjouit de l’effort d’assainissement budgétaire qui s’est poursuivi durant le premier semestre de 2018.

Quant au solde budgétaire global, le FMI indique qu’il affiche un excédent de 0.7% du PIB au cours de cette période. Le recouvrement des recettes s’est amélioré et le gouvernement a amélioré sa capacité à lever des fonds sur le marché obligataire régional. La mission assure par ailleurs que « les risques liés aux tensions sociopolitiques se sont atténués ». Toutefois, le FMI exhorte le gouvernement à poursuivre les réformes en ce qui concerne l’évasion fiscale, la délivrance rapide des titres fonciers, la préparation du budget afin de respecter les critères de convergence de l’UEMOA, notamment. Ivahosina Razafimahefa, a indiqué que sa mission va élaborer un rapport qui sera ensuite soumis au Conseil d’administration du FMI d’ici décembre. « Une décision favorable du Conseil d’administration permettra de faire un nouveau décaissement de 20 milliards FCFA au Togo, dans le cadre de l’exécution du programme de Facilité élargie de crédit », a déclaré le chef de mission.

 

Notons enfin qu’au cours de cette semaine qui s’achève, trois institutions à savoir, Indice Mo Ibrahim, Doing Business et la CNUCED ont sorti leur rapport annuel sur les progrès réalisés par les différents pays à travers le monde dans divers domaines. Lundi 29 octobre, c’est la Fondation Mo Ibrahim qui a ouvert le bal en publiant l’édition 2018 de son rapport sur l’Indice Ibrahim sur la Bonne Gouvernance en Afrique. Selon l’institution, la tendance est globalement positive sur le continent, mais marquée par un ralentissement des reformes.

Pour cette édition, le Togo 30ème Africain avec 49,1 points, a amélioré sa gouvernance de 5,2 points. Ainsi, il fait partie du top 15 des pays les plus réformateurs sur la dernière décennie, aux côtés de la Côte d’Ivoire (+12,7 points), du Zimbabwe (+10,8), du Maroc (7,3 points) et d’autres pays comme le Rwanda ou le Sénégal.

Le 31 octobre, la Banque Mondiale a publié son rapport annuel de référence sur l’environnement des affaires, communément appelé « Doing Business 2019 ». Classé 137ème sur 190, le Togo gagne 19 places par rapport à l’année précédente, affichant la plus grande progression en Afrique cette année. Avec 6 réformes mises en œuvre afin d’améliorer le cadre réglementaire des entreprises, le Togo réalise son plus grand nombre de réformes dans une année depuis le début du projet Doing Business et fait son entrée dans le Top 10 des pays les plus réformateurs au monde.

Le pays enregistre plusieurs autres records sur le plan continental, en se plaçant notamment comme le deuxième pays ayant amélioré l’environnement des affaires derrière le Rwanda, et devant la Côte d’Ivoire et Djibouti qui ont également enregistré de belles progressions. Dans la sous-région, le Togo est le premier réformateur, devant la Côte d’Ivoire, mais vient après l’Etat ivoirien et le Ghana dans le classement général, se positionnant ainsi à la troisième place.

Le pays devance des pays comme le Sénégal ou la Tanzanie, et largement le Bénin, le Nigeria ou le Burkina Faso. Ces performances sont attribuables aux nombreuses réformes entreprises depuis le début de cette année, sous la coordination de la cellule Climat des affaires (CCA), mise en place en janvier 2018.

Le dernier rapport dans lequel le Togo se voit bien classé est celui de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED). En effet dans le rapport 2018 sur le transport maritime publié jeudi par la CNUCED, le Togo est devenu le cinquième pays africain en terme de connectivité maritime. Avec un indice de 35,9, le pays se classe derrière le Maroc (71,5), grand champion, l’Egypte (70,3), l’Afrique du Sud (40,1) et Djibouti (37). Aidé par le hub de transbordement que représente l’infrastructure portuaire de Lomé, le Togo a connu une forte amélioration de son indice de connectivité de transport maritime depuis 2010, prenant désormais le leadership en termes de trafic de conteneurs dans la sous-région devant le Nigéria.

En moins d’une décennie, le pays a plus que doublé sa performance avec un net bond entre 2015 et 2016. Initialement de 14,2 en 2010, l’indice de connectivité maritime est passé à 33,9 en 2017, puis à 35,9 en 2018. Ainsi, il maintient sa deuxième place au classement en Afrique subsaharienne, derrière l’Afrique du Sud et devant la première économie en termes de PIB du continent, le Nigeria (Djibouti étant classé en zone MENA). Cette performance est le résultat des nombreux investissements effectués ces dernières années par le gouvernement togolais en vue de moderniser les infrastructures logistiques du pays, notamment le Port de Lomé, le seul en eaux profondes de la sous-région.

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