Togo : les enjeux d’une élection présidentielle très attendue

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Ce sera une première depuis la signature de l’Accord Politique Global (APG), le 20 Août 2006. Le Togo ira à l’élection présidentielle avec une Constitution révisée et qui limite le mandat présidentiel à deux de cinq ans avec un mode de scrutin à deux tours. A l’issue d’un long et agité processus de réformes institutionnelles et politiques telles que souhaités par la société civile et les partis politiques, le pays répond à un rendez-vous électoral avec des normes démocratiques plus élaborées avec un contexte politique plus moderne. “Nous allons à la présidentielle prochaine dans un environnement plus aseptisé et plus débarrassé avec des conditions plus optimales”, admet un leader de l’opposition.

Au-delà des critères de l’élection du Président de la République et de régulation des institutions, les réformes ont permis pour la première fois en trente-deux ans des premières élections municipales. Bien malgré cela, c’est la candidature ou non du Président de la République à un nouveau mandat qui cristallise les passions. Pour l’instant, l’homme est muet à la question même s’il ne fait l’ombre d’aucun doute qu’il sera candidat surtout que la constitution nouvellement adoptée ne l’empêche guère. Mais pour l’instant, Faure Gnassingbé reste préoccupé par la mise en œuvre de son mandat social et du Plan National de Développement (PND 2018-2022). De part et d’autre, les résultats sont manifestes et significatifs.

C’est aussi dans un contexte de bilan d’un mandat positif du point de vue social et des retombées économiques d’une gouvernance saluée aussi bien par des indicateurs régionaux que des instruments internationaux. Les acteurs de la vie politique et de la société civile s’accordent pour reconnaître un certain nombre de changements positifs ces dernières années. La liberté de presse et d’opinion est effective. Des progrès sociaux significatifs ont eu lieu et la justice de plus en plus indépendante. La protection des droits humains est une réalité. De meilleures infrastructures ont été développées et les listes électorales de plus en plus fiables… La liste pourrait continuer.

“Le seul problème, c’est le patronyme : Gnassingbé” souffle un diplomate basé à Lomé avant de poursuivre que la particularité du pays est d’avoir opéré un revirement démocratique : la limitation du mandat présidentiel. Ce qui n’était pas le cas. C’est alors, pour lui une avancée notable. Au demeurant, la loi ne dispose que pour l’avenir, reconnaissent la plupart des constitutionnalistes africains ayant opiné à la faveur des dernières agitations ayant marqué la vie politique au cours de ces derniers mois.

Sur la question, les avis restent tranchés. L’opposition dont plusieurs membres se sont déjà déclarés candidats à l’élection présidentielle ne souhaite pas entendre parler d’un nouveau mandat de l’actuel président. Les acteurs de la société civile tout de même. Les juristes restent prudents. Et ainsi, se profile à l’horizon, une élection présidentielle à plusieurs inconnues. Sauf que le tronc commun de toutes parties prenantes reste la paix. Seule la paix !

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