Togo : Les efforts du gouvernement togolais en faveur du secteur de la santé ces dernières années

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Vendredi dernier, le Président de la République du Togo, SEM Faure Gnassingbé a procédé à la pose de la première pierre pour la construction d’un hôpital de référence répondant aux normes internationales à Agoè en périphérie de Lomé.  La construction de cette infrastructure s’inscrit dans le troisième axe du Plan National de Développement (PND 2018-2022) qui entend consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion.
Le projet, piloté par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), va contribuer à améliorer l’accès aux soins, réduire les évacuations sanitaires souvent très onéreuses, réduire de manière significative le taux de mortalité et de morbidité, et de permettre au Togo de disposer d’un établissement de référence dans la sous-région. Il vient s’ajouter à la longue liste des initiatives entreprises ces dernières années par le gouvernement dans le secteur de la santé pour améliorer la prise en charge des malades et moderniser le système sanitaire au Togo. Retour sur quelques-unes de ces initiatives.

 

Togo-hôpital-Saint Pérégrin

La contractualisation des hôpitaux publics

Depuis 2017, le gouvernement togolais a opté pour la contractualisation des hôpitaux publics. Après des résultats satisfaisants enregistrés lors de la phase pilote du projet notamment avec le CHU d’Atakpamé et le CHP de Blitta, la contractualisation a été généralisée à l’ensemble des hôpitaux du public en avril 2018 au cours d’une cérémonie présidée par le Chef de l’Etat Faure Gnassingbé au CHU Sylvanus Olympio de Lomé. La contractualisation traduit la vision du chef de l’État d’axer son quinquennat 2015-2020 sur les réformes sociales. Elle permet une rationalisation des ressources dont la finalité est la satisfaction des populations sur le plan sanitaire. Grâce à ces réformes les hôpitaux du Togo seront dotés d’outils de gestion orthodoxe.

La contractualisation comporte sept (7) axes qui sont notamment, la gestion des ressources humaines, la gestion financière, la gestion de la pharmacie, l’amélioration de la satisfaction des patients, le renforcement du plateau technique, l’amélioration de la prise en charge des citoyens indigents et l’amélioration de l’hygiène et de l’assainissement des hôpitaux. Il est à noter que l’approche contractuelle est fondée sur le principe de délégation de la gestion des structures hospitalières publiques à une entité privée. C’est-à-dire que l’Etat signe un contrat avec une société spécialisée dans la gestion des hôpitaux, à qui il délègue la gestion des hôpitaux. Ce n’est pas une privatisation, comme certains le pensent ou le disent, mais une délégation de gestion. La structure hospitalière reste et demeure publique.

 

Assurance maladie

Offrir une couverture maladie à la population est aussi une des priorités des plus hautes autorités dans le secteur de la santé au Togo. Et pour cela, le Chef de l’Etat a initié en 2017, en faveur des élèves des cours primaires de l’Enseignement public, un programme dénommé, « School Assur ». Ce programme qui a pris effet à partir de la rentrée scolaire 2017/2018 vise à couvrir près de 2 millions d’écoliers et élèves. A ce jour, ils sont 288 776 élèves pris en charge dans la région de la Kara ; 380 045 élèves dans la Région des Plateaux ; 233 338 élèves dans la Région des Savanes ; 252 516 élèves dans la Région Maritime et 189 023 bénéficiaires pour Lomé Commune, soit au total 1 468 391 élèves sur tout le territoire national.

Depuis le lancement, le gouvernement togolais a injecté 3,5 milliards FCFA dans le projet « School Assur ». Notons qu’à côté de « School Assur », depuis mars 2012, les fonctionnaires et agents publics de l’État bénéficient d’une assurance maladie obligatoire. En 6 ans d’existence, l’Institut national d’assurance maladie (INAM), qui supervise cette forme de protection sociale, revendique plus de 300.000 bénéficiaires. L’assurance-maladie obligatoire pour les agents publics est une phase pilote du projet d’assurance maladie universelle au Togo, indique-t-on. La prochaine étape sera le secteur privé formel, avant de s’attaquer à la grande masse de l’informel.

 

La lutte contre certaines maladies au Togo

Dans le cadre de la politique de lutte contre le VIH et les IST, le Togo a élaboré et validé en juin 2016, des plans d’action de lutte contre ces maladies, dans quatre (04) villes pilotes : Lomé, Atakpamé, Sokodé et Kara. Ces plans visent à mener des actions spécifiques de prévention en milieu urbains pour faire réduire l’incident du VIH dans les Villes pilotes, en prenant pour population cibles les femmes et les jeunes surtout. La mise en œuvre de ces plans cadre avec la stratégie mondiale de lutte contre le VIH et le Sida intitulée « Mettre fin à l’épidémie du SIDA : les villes s’engagent pour atteindre les objectifs 90-90-90 d’ici 2020 » initiée par l’ONUSIDA. En 2018, environs 11000 personnes sont séropositifs et 57% sont sous ARV au Togo.

Le gouvernement togolais, outre les quatre (04) villes pilotes : Lomé, Atakpamé, Sokodé et Kara, compte déjà lancer ces plans très prochainement dans les villes d’Aného, de Kpalimé et Dapaong. Outre la lutte contre le VIH/SIDA, les autorités ont aussi lancé en octobre 2018, un nouveau vaccin pour lutter contre la Poliomyélite au Togo. Il s’agit du Vaccin anti poliomyélitique inactivé (VPI) capable de lutter contre les trois types de poliomyélite, à savoir les types 1, 2 et 3. Ce vaccin injectable a été introduit en remplacement de la forme orale précédemment utilisée et qui n’est efficace que contre les types 1 et 3 du poliovirus. Le VIP est disponible dans les centres de santé depuis le 4 octobre 2018.

La deuxième dose du vaccin contre la rougeole et la rubéole est aussi opérationnelle depuis le 30 janvier 2019. Selon les responsables du Ministère en charge de la santé, l’introduction de la deuxième dose du vaccin contre la rougeole et la rubéole dans le calendrier vaccinal de routine permettra au pays d’améliorer la santé maternelle et infantile, atteindre et maintenir l’objectif d’élimination de la rougeole, diminuer l’incidence des malformations congénitales dues à la rubéole et accélérer les progrès pour contrôler ces deux maladies potentiellement mortelles.

La distribution des moustiquaires imprégnées aux femmes enceintes et aux ménages pour prévenir le paludisme ainsi que l’organisation régulière des campagnes d’administration de la vitamine A et de l’abendazole aux enfants de 0 à 5 ans sont entre autres mesures initiées par le gouvernement en vue de protéger la vie des populations.

 

Construction d’infrastructures sanitaires

Beaucoup d’efforts ont été faits en matière d’infrastructures sanitaires et de matériels de mobilité au Togo. Grâce au Programme d’urgence pour le développement communautaire (PUDC), 4 Centres médico-sociaux (CMS), 8 Unités de Soins périphériques (USP) ont été construits et équipés. Pour la mobilité, le programme a mis à disposition des centres de santé, 10 véhicules, 5 ambulances et 100 motos.

On note également, la réhabilitation de 3 hôpitaux préfectoraux (Kpalimé, Bè-kpota, Mango). Des localités telles que : Nassongué, Awandjelo, Baoulé, Koumongoukan, Agbonou, Adétikopé, Agbandaoudé, Koussountou, Natchitikpi ont bénéficié de nouvelles infrastructures sanitaires. Le PUDC est financé par le gouvernement togolais et mis en œuvre par le PNUD avec l’appui du Japon. Il représente une contribution à l’atteinte des objectifs de développement durable à savoir l’amélioration des conditions de vie des populations et la réduction des inégalités sociales.

 

 

Globalement, sur ces cinq dernières années, le gouvernement togolais s’est employé à améliorer de façon significative le secteur de la santé en s’investissant dans la construction des infrastructures, la bonne gestion des hôpitaux, la prévention de certaines maladies, etc. Cependant, du chemin reste à faire dans ce secteur vital. Les coûts et les distances à parcourir pour obtenir un soin de qualité sont toujours des difficultés chroniques qui entravent le quotidien des populations mal desservies.  Certainement qu’avec la construction très prochaine de l’hôpital St Pérégrin, hôpital de référence et de haut standing dans la banlieue d’Agoè à Lomé, c’est une nouvelle ère qui va s’ouvrir pour le secteur de la santé au Togo.

 

contact : dépêche@autogo.tg 

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