Togo : Les défis de la nouvelle Assemblée Nationale

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Encore quelques heures et la Cour Constitutionnelle du Togo livrera les résultats définitifs des élections législatives du 20 décembre dernier. Elle dispose en tout cas d’un délai de huit jours, après avoir purgé les éventuels contentieux. Mais bien avant, les populations scrutent dans l’actuelle équipe parlementaire les défis législatifs nécessaires. Et ils sont essentiellement politiques, institutionnels et constitutionnels, les défis de la nouvelle législature. En raison de la nouvelle configuration.

 

Togo : nouveau siège de l'assemblée nationale
Togo : nouveau siège de l’assemblée nationale

 

Au parlement désormais, quatre nouveaux partis font, pour la première fois leur entrée. A chacun le Mouvement patriotique pour la démocratie et le développement ( MPDD), le Nouvel engagement togolais (NET) décrochent trois sièges. Un siège chacun par contre pour le Parti démocratique panafricain (PDP) et le Mouvement des républicains centristes (MRC). Ensuite 18 sièges raflés par dix listes d’indépendants. Et enfin 59 sièges gagnés par Unir le parti au pouvoir qui perd ainsi 3 par rapport à la précédente législature.

 

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Élu dans un contexte de crise politique difficile, la tâche première serait l’adoption des réformes sur la limitation du mandat présidentiel dont l’enjeu est la participation ou non de Faure Gnassingbé à la présidentielle de 2020, le mode du scrutin à deux tour, la recomposition de la Cour Constitutionnelle avec un nouveau mode de désignation de ses membres. Surtout que toutes les dernières tentatives pour se résoudre à ces réformes ont échouées à cause de l’absence répétée de la coalition des 14 partis de l’opposition de l’Assemblée Nationale.

Et pour arriver à opérer toutes ces nécessaires réformes sans passer par le référendum, il est exigé les 4/5e des sièges de l’Assemblée nationale (73 députés). Moins que ce dont dispose le parti UNIR qui sera obligé à des accords politiques et des débats inclusifs. Et donc une coopération et une négociation démocratique autour des enjeux de ces réformes. A défaut, la voie est ouverte pour le référendum. C’est en cela que le boycott de ces élections législatives par la coalition des 14 partis de l’opposition s’illustre comme une grave erreur stratégique.

 

Photo élections législatives Togo
Photo élections législatives Togo

 

Au-delà des réformes constitutionnelles, les défis de ce parlement résident également dans les projets de société défendus par chaque parti lors de la campagne électorale. C’est le cas par exemple de l’UFC qui parce qu’avec ses 6 sièges peut s’offrir une minorité de blocage pourra négocier ses réformes législatives à fort impact social. Il parle d’allocation de 25 mille aux sans emploi, de la baisse de la TVA de 18% à 10%, de la baisse de l’impôt sur les Sociétés Commerciales (ISC) de 30% à 25%. Tout comme la réduction de l’Impôt sur les Sociétés Industrielles de 27% à 20%.

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