Togo : Le leadership féminin dans la gouvernance publique

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Depuis le 28 septembre dernier, Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE est devenue la femme forte du gouvernement togolais. Sa nomination en tant que Première ministre relance la problématique de la promotion du leadership féminin au Togo. D’ailleurs, à en juger la composition de l’actuelle équipe gouvernementale et le réajustement administratif observé à la Présidence de la République et au niveau de bien d’institutions depuis quelques années, il est presque évident que le plafond de verre est de plus en plus brisé pour les femmes. A la manœuvre, le Chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé qui affiche clairement une volonté politique à travers la contrainte législative et une politique systématique de discrimination positive.

Certes, rares sont les femmes qui atteignent les plus hauts sommets de la politique : présidence, primature ou direction d’un parti. Mais au Togo, le leadership féminin est en marche. Dès le lendemain de sa nomination, Victoire Sidémého TOMEGAH-DOGBE a composé un gouvernement qui fait une part belle aux femmes : dix portefeuilles sur trente-trois ont été attribués à ces dernières, dont ceux, évidemment stratégiques, des armées, des travaux publics, de l’énergie, de l’économie numérique et de la transformation digitale. Sandra Ablamba JOHNSON dirige désormais le Secrétariat général de la Présidence de la République en tant que ministre. Médecin des Armées, Lidi Bessi-Kama est la deuxième femme depuis l’indépendance du Togo, à occuper le poste des sports. Mawunyo Mila Aziable, malgré son jeune âge (29 ans) est chargée de la politique du gouvernement dans le secteur de l’énergie et des mines. Et que dire de Mme Marguerite Gnakadé en charge des Armées?

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Et les femmes ne sont pas que mieux représentées dans l’appareil gouvernemental au Togo, mais elles sont à des postes politiques influents où elles ont désormais la possibilité d’apporter leur écot au développement. Quelques années plutôt, l’étonnement était à son comble quand Yawa Djigbodi TSEGAN a été élue Présidente de l’Assemblée Nationale. Pour la première fois dans l’histoire du Togo, une femme devenait la deuxième personnalité de l’Etat. Tout un symbole. En effet, sur les trois dernières législatures, la représentation des femmes au sein de parlementaires est passée de 7% en 2002 à 11% en 2007 et à 19% en 2013.

Le Président de la République Togolaise a fait de l’ascension des femmes l’un des piliers de sa politique. Une volonté politique qui s’arrime à la réalité du pays. En effet, suite au discours à la nation du Président Faure Gnassingbé en décembre 2012, dont l’introduction de la parité hommes-femmes dans le code électoral et des mesures incitatives aux candidatures féminines telles que la diminution de moitié du montant de la caution pour les candidates.

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« Les femmes soulèvent des questions et des thèmes différents ; elles élargissent le débat, sont plus sensibles aux événements, plus prévoyantes, plus pacifiques, plus patientes et plus douces que les hommes. Elles sont aussi plus honnêtes, moins susceptibles de prendre des risques inconsidérés, de consacrer les ressources de l’État à des achats d’armes, d’attiser ou d’entretenir la haine et la violence », disait l’Espagnole Bibiana Aído, qui fut ministre de l’Égalité à 31 ans et sait donc de quoi elle parle. C’est décidément l’option faite par le Président de la République.

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