Togo : La nécessité d’une retraite politique pour Jean-Pierre Fabre

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Il occupe l’espace politique national depuis vingt sept longues années. Son histoire personnelle s’identifie au bouillonnement politique national. Son engagement politique est au confluent de toutes les périodes charnières vécues par le Togo. Sans cesse et à la régulière, son parcours rime avec les fortunes et les infortunes connues par le pays ces dernières années. Du moins, depuis 1992 où Jean-Pierre Fabre s’est officiellement engagé en politique. Une longue expérience diversement appréciée mais qui unanimement mérite désormais selon plusieurs Togolais une certaine retraite. A juste titre.

Son parcours politique, il le démarre en 1992 avec l’opposant historique Gilchrist Olympio qui fit de lui son chargé de communication, puis le secrétaire général de l’Union des forces du changement (UFC). A ses côtés, il participa à tous les combats du parti d’abord contre le pouvoir de Gnassingbé Eyadéma. Profitant du vent de démocratisation qui soufflait dans les États africains, il s’est très tôt imposé par ses colères, son indignation et son mépris. Mais, Jean-Pierre Fabre avait l’ambition démesurée. En 2010, il remplace son mentor, qui n’a pas pu déposer son dossier de candidature à cause d’un souci de santé, en tant que candidat à la présidentielle de mars 2010.

A la suite de la victoire de Faure Gnassingbé, Gilchrist Olympio rejoint le camp présidentiel débouchant ainsi la scission du parti et, en octobre 2010, à la création de l’ANC. Et depuis, il s’arroge le rôle du leader de l’opposition avec des infortunes, des dérives mais une obsession personnelle : devenir Président de la République. Peu importe les moyens. Sous le couvert d’une opposition au régime, il ferraille, n’esquive pas la violence. D’ailleurs son caractère entier a fini par accentuer les divisions au sein d’une opposition déjà très affaiblie. Même l’irruption de Tikpi Atchadam et la formation de la C14 n’ont subi cette prééminence.

Jean-Pierre Fabre règne alors sans partage sur le microcosme politique depuis presque trois décennies. Au compteur : échec à deux élections présidentielles, absence de son parti à la sixième législature perdant ainsi son statut légal de chef de file de l’opposition togolaise… Sans député à l’Assemblée Nationale, l’ANC ne saurait s’ériger en donneur de leçons. A l’arrivée, la nécessité d’une retraite politique s’impose à ce dernier. L’avenir de son parti, de la contestation politique peuvent être conduits par d’autres leaders. Des jeunes hommes et femmes. Surtout que les réformes politiques tant espérées sont désormais adoptées. Elles ont toujours été le prétexte soulevé par Jean-Pierre Fabre avec à la clé un cycle de violence. L’opposition politique nationale a besoin de sang neuf. Les aspirations sont toutes autres. Les attentes aussi. Et sans Jean-Pierre Fabre serait plus efficace sûrement.

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