Togo : Ce que pensent des experts internationaux du PND

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L’objectif est, d’une part de promouvoir une croissance à travers une transformation structurelle nécessaire. D’autre part, d’engager une industrialisation inclusive et durable en se basant sur une diversification des échanges mais aussi un développement des infrastructures et une intégration sous-régionale. Enfin, assurer une meilleure redistribution des retombées de la croissance. Et pour y arriver, il faut selon Carlos Lopez, Chief PND Adviser, une vision et un processus concertés et orientés de planification aux fins de jeter les bases d’une émergence durable.

 

Et c’est ce qu’a tenté de démontrer les différentes experts en finance et en investissements conviés au lancement du Programme National de Développement (PND 2018-2022). A ce panel de haut sont conviés Patrick Sevaistre, enseignant à la Haute Ecole de Commerce de Paris et spécialiste des Partenariats Public-Privé, Lionel Zinsou, banquier d’affaires, Gilbert Houngbo, directeur du Fonds international de développement agricole. Et enfin Ade Ayeyemi, directeur général du Groupe Ecobank.

 

Togo - PND - Panel de Haut niveau - Lionel Zinsou - Houngbo - Patrick Sevaistre
Togo : panel de haut niveau pour le lancement du PND

 

Tour à tour et pendant une heure, ils ont exposé et démontrer à l’assistance que non seulement le PND du Togo contient tous les ingrédients de tout plan au standard international mais aussi les avantages comparatifs avec la participation du secteur privé et de la société civile. _”C’est un travail absolument remarquable. Il y a la clarté de la vision et l’élaboration du plan a été collective et prudemment dans le temps”_, a précisé d’entrée Lionel Zinsou. _”En plus de la vision, c’est l’ambition qui fait bouger le monde. Et c’est ce que je retrouve dans le PND. Sa différence d’avec les autres, réside dans la méthode, la structuration et le professionnalisme”_, complète le directeur du Fida. Ceci s’explique avant tout parce que l’orientation à moyen terme de ce plan s’appuie sur des défis majeurs dégagés du diagnostic de la situation économique, sociale et environnementale.

 

Surtout qu’elle est déclinée en trois axes stratégiques : mettre en place un hub logistique d’excellence et un centre d’affaires de premier ordre dans la sous-région ; développer des pôles de transformation agricole, manufacturiers et d’industries extractives ; consolider le développement social et renforcer les mécanismes d’inclusion. _”La grande différence du PND, c’est que les trois axes stratégiques sont intégrés”_, poursuit Gilbert Houngbo.

 

 

Simplement parce qu’il en ressort que les défis identifiés et les objectifs fixés à travers ces axes stratégiques sont extrêmement ambitieux. Entre autres, le développement d’une chaîne logistique et de transport autour du Port autonome de Lomé en l’intégrant à un réseau de transport rénové en vue de créer un hub logistique et un corridor de développement compétitifs ; le développement des chaînes de valeur dans le secteur agro-sylvo-pastoral par la mise en place des agropoles fédérant plusieurs activités (culture vivrière, aquaculture, transformation et recherche) y compris la réforme du foncier ; le développement des chaînes de valeur dans le secteur des industries manufacturière, artisanale et extractive par la création de parcs industriels intégrés et tournés vers des industries exportatrices et intensives en main d’œuvre (exemple de l’industrie textile), ainsi que le développement de la transformation des filières des phosphates et le renforcement de la filière de transformation du calcaire ; la réduction des coûts et l’amélioration de la connectivité pour progresser rapidement vers la digitalisation de l’économie ; l’accélération de la croissance.

 

_”Le PND n’est pas un document habituel comme on en voit dans le cadre de la lutte contre la pauvreté.”_, a compris Patrick Servaistre. Au-delà donc des objectifs et des choix faits, le schéma de financement et de mobilisation ded ressources pour la réalisation des projets structurants prévus a été au cœur de ce panel de haut niveau. D’un coût estimé à 4 622 milliards de Fcfa, ce plan sera financé à hauteur de 65% par le secteur privé. De façon plus détaillée, les dépenses d’investissement public sont évaluées à 1 623,1 milliards de FCFA, représentant 35,1% du coût global. Les investissements privés couvrent le reste du financement à raison 2 999,1 milliards de FCFA. Lionel Zinsou refuse d’en faire une exigence.

 

_”Il ne faut pas avoir peur que le PND ne soit pas financé et n’intéresse pas les investisseurs. Nous ne sommes pas dans une position de demandeurs mais dans celle d’explication. Parce que les chiffres parlent pour le Togo. Ce sont nos économies qui cherchent les partenaires. La dynamique du PND est intéressante parce qu’elle est complètement endogène”_, explique-t-il. Un optimisme du banquier d’affaires bien à l’opposé du réalisme de Gilbert Houngbo. Ce dernier préconise de maximiser la mobilisation des ressources internes et surtout de stimuler l’économie par une rigueur budgétaire et une discipline fiscale. _”Mais aussi et surtout une innovation dans la recherche et le montage des financements”_, a-t-il conclu.

 

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