Lutte contre les faux médicaments : l’originalité du sommet de Lomé

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L’initiative de Lomé sur la lutte contre le trafic et la consommation des faux médicaments a tôt fait de créer la polémique. II lui est reproché de vouloir remplacer la convention “MEDICRIME” par un projet de cadre légal sans spécificité claire. Dans son discours d’ouverture le samedi dernier, le Chef de l’État, Faure Essozimna Gnassingbé s’en défend avec force détail : “Notre ambition pour l’Initiative de Lomé réside essentiellement dans sa dimension politique, assumée et revendiquée. Celle qui a jusque-là fait défaut dans la plupart des actions entreprises à ce jour pour éradiquer le trafic des médicaments falsifiés”.

L’initiative de Lomé se veut une plate-forme qui structure de façon plus évidente et réaliste l’engagement des Etats dans la lutte contre le trafic et la commercialisation des faux médicaments. Plusieurs rendez-vous, sommets ont été tenus et maints projets de convention ont été mûris. Mais ce fléau continue de détruire chaque année, la vie de plus de 120.000 enfants de moins de cinq ans. Sans oublier que l’ampleur de ce phénomène sévit plus en Afrique où la proportion de faux médicaments représenterait 60% des produits médicaux en circulation selon l’Organisation Mondiale de la Santé.

L’initiative de Lomé compte aller au-delà de l’échec en 2004 du projet de convention internationale sur la lutte contre les médicaments falsifiés ou de qualité inférieure préparée par I’OMS, faute d’un accord politique entre les États-parties au projet. C’est d’ailleurs ce que souhaite transcender les États à la rencontre de Lomé par un engagement politique fort et commun. “L’originalité de l’initiative de Lomé est double : pour la première fois, elle est portée par des États africains et elle repose sur un fondement politique fort, à savoir l’engagement que nous allons prendre tout à l’heure en signant la déclaration de Lomé” , a précisé le Président de la République Faure Essozimna Gnassingbé.

Une déclaration qui en appelle à la criminalisation du trafic des faux médicaments et des produits médicaux. Depuis 2015, le Togo l’a fait en l’inscrivant dans son code pénal. Ensuite, la déclaration appelle à une mutualisation des efforts et enfin à la mise en place des mécanismes de suivi. À cet effet, un Accord-cadre sera incessamment signé par les parties lors d’une seconde rencontre prévue avant la fin de l’année. Toujours avec l’implication active de la Fondation Brazzaville.

 

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