Lutte contre le terrorisme : La CEDEAO opte pour la “réponse concertée” développée par Faure Gnassingbé à Chatham House

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Rares sont les personnalités ou les intellectuels du monde qui y sont admis. Même la qualité de Chef d’Etat ne donne pas accès au Royal Institute of International Affairs de Londres. Mais le Président de la République Togolaise a réussi un coup diplomatique en étant convié à la prestigieuse Chatham House en juin 2019. Au menu de cette rencontre, la situation sécuritaire en Afrique de l’Ouest et le rôle du Togo. Devant un auditoire composé de nombreuses personnalités du monde diplomatique, des affaires et de la société civile, Faure Gnassingbé a évoqué la menace terroriste et l’extrémisme violent désormais pesants dans plusieurs pays au dessus du Sahel. Etat des lieux et solutions.

“Cette menace, particulièrement mobile et qui se joue des frontières, représente un défi multidimensionnel aux niveaux continental et international”, en ce sens qu’il menace la stabilité sous-régionale selon le Chef de l’Etat. Mais une seule explication est valable : “lorsque la conjoncture de la pauvreté et l’absence de perspectives nourrissent chez la jeunesse le sentiment que la puissance publique est défaillante, voire absente, elle devient particulièrement réceptive aux messages radicaux et extrémistes”. Et c’est de cela que se jouent l’endoctrinement et les risques d’instrumentalisation ouverts par la religion.

Parce que conscient que cette menace terroriste, fragilise les efforts de développement des pays, le Chef de l’Etat avait dès lors proposé dans une approche holistique des solutions qui ne sont rien d’autres que la vision du Togo en matière de sécurité collective mais qui rejoignent presque mot pour mot les résolutions du récent sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la CEDEAO dont l’importance pour relever les futurs défis régionaux de l’Afrique de l’Ouest a été reprécisée.

Lors de son intervention, le président togolais a insisté sur le dialogue transrégional comme une des solutions adaptées et efficaces contre le terrorisme. Le sommet extraordinaire du samedi dernier à Ouagadougou l’a réitéré. D’ailleurs, en juillet 2018, Lomé a accueilli un sommet conjoint entre la CEDEAO et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme. nécessité d’une coopération renforcée entre les deux communautés. Cela appelle à “une conscience générale et à une réponse concertée et coordonnée à la menace sécuritaire” avait indiqué le Chef de l’Etat à Chatham House.

“Par ses aptitudes démontrées dans le développement d’une approche endogène efficiente pour la résolution des défis sécuritaires régionaux, la CEDEAO demeure à nos yeux l’interlocuteur le plus légitime dans le contexte actuel”, avait aussi démontré Faure Gnassingbé. Juste deux mois après, l’institution sous-régionale lui donne raison en dotant un plan d’actions d’un milliard de dollars sur cinq ans. “Cette contribution financière démontre notre engagement à faire la différence”, a expliqué le président Mahamadou Issoufou, également président en exercice de la Cedeao.

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