Lutte contre le terrorisme : Ce que fait déjà le Togo à l’interne et au niveau régional

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Avec plus de 2 200 attaques enregistrées au cours des cinq dernières années, qui ont tué 11 500 personnes, le terrorisme est un enjeu continental toujours préoccupant. A nouveau, les Chefs d’Etat et de Gouvernement se sont réunis ce samedi pour le sommet extraordinaire de la Commission des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) dédié à la question. Le Président de la République Togolaise, Faure Gnassingbé dont l’engagement sur le front anti terroriste n’est plus à démontrer a également fait le déplacement de Ouagadougou au Burkina Faso. Préoccupé par l’extension de la menace terroriste et des zones à risque, le Chef de l’Etat togolais ne cesse de multiplier les engagements au niveau communautaire et sous-régional. Rappelant de fait son rôle prépondérant dans la réponse à cette dégradation sécuritaire.

Le Président togolais est convaincu que la menace ne frappe plus seulement les pays du Sahel mais risque de toucher aussi les pays côtiers. Pour preuve, très tôt au-delà de son engagement personnel, des réponses concrètes ont été apportées. Avec ses homologues du Ghana, du Bénin, de la Côte d’Ivoire et du Burkina Faso, il a participé à un sommet organisé sur le terrorisme et qui fut appelé “l’initiative d’Accra”. C’était le 22 février 2019. Ils se sont engagés à mutualiser les efforts en matière de défense, de sécurité et de renseignement. Une sorte d’actions concertée. Et cela n’a pas manqué de réussir.

C’est ainsi qu’à la faveur de l’opération Otapuanu, lancée par l’armée burkinabè en mars dernier, le Chef de l’État a également ordonné le déploiement de troupes togolaises sur la frontière au Nord pour empêcher un éventuel repli des combattants jihadistes au Togo. Ce fut fructueux : plusieurs individus ont été arrêtés avoir franchi la frontière et remis aux forces burkinabè. Même Oumarou Diallo, alias Diawo Oumarou, l’un des principaux chefs des maquis jihadistes implantés dans l’est du Burkina, a été interpellé alors qu’il tentait de se réfugier dans le Nord du Togo. Selon l’AFP, des services de renseignement européens ont même confirmé ces arrestation d’éléments terroristes dans le nord du pays.

“Avec maîtrise et professionnalisme, elles (les forces de sécurité et de défense) ont mené avec succès, au cours des derniers mois, plusieurs opérations de démantèlement de cellules terroristes sur notre territoire”, avait même reconnu le Chef de l’Etat dans son discours sur l’état de la nation à l’occasion du 59e anniversaire d’accession à l’indépendance. Il ne s’est pas arrêté là. Mi-mai, il demande la création d’un comité interministériel pour évaluer la menace et identifier les zones à risque. Dans le même temps, sinon quelques semaines après, une nouvelle loi sur la sécurité intérieure a été votée par le Parlement. Elle vise à lutter contre les diverses formes que peut prendre la menace surtout son financement.

Suivant cette loi sur la sécurité intérieure et en accord avec une recommandation du comité de lutte contre le terrorisme du Conseil de sécurité de l’ONU, le pays mettra bientôt sur pied des cellules d’investigation financière au sein de sa police et de sa gendarmerie. La création de cette nouvelle police devrait compléter l’arsenal légal et institutionnel existant en matière de lutte contre le financement du terrorisme mais aussi le blanchiment de capitaux. Un engagement du gouvernement togolais à l’interne mais aussi au niveau régional. Très actif aux côtés de ses pairs et surtout des pays durement frappés par l’hydre terroriste, Faure Gnassingbé multiplie les engagements du Togo sur la scène communautaire.

D’ailleurs à l’issue du sommet extraordinaire à Ouagadougou, samedi 14 septembre, la Cedeao a décidé de se doter sur les 5 prochaines années d’un plan d’action de lutte contre le terrorisme. Sans forcément être membre du G5 Sahel, le Togo sera aux côtés de l’organisation sous-régionale pour mobiliser un milliard de dollars (environ 900 millions d’euros) pour le financement de ce plan d’actions. Selon Roch Marc Christian Kaboré, le président burkinabè lors du sommet, il est attendu la participation de chaque pays membre au financement du mécanisme. Et si ce sera l’engagement de la CEDEAO à faire la différence, ce sera également celui du Togo.

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