Célébration des 60 ans d’indépendance du Togo : Une nouvelle ère de prospérité et de défis avec le nouveau mandat de Faure Gnassingbé

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Lundi 27 avril : un temps peu nuageux avec un léger voile de brume. C’est le premier jour de la semaine et dans les rues, la capitale a repris son train-train quotidien après une nouvelle nuit de couvre-feu imposé dans le cadre de la riposte contre l’infection à Covid-19. Mais dans la cour d’honneur du palais présidentiel, le bouillonnement n’est pas de coutume. C’est un Faure Essozimna Gnassingbé d’allure déliée et d’apparence sereine qui célèbre le 60e anniversaire de l’indépendance de son pays. En lieu et place du traditionnel défilé militaire et des manifestations officielles, cette célébration est marquée par un cérémonial sobre mais symbolique de par la prise d’armes clos suivie de l’hymne national “Terre de nos aïeux”.

Depuis la découverte du premier cas testé positif de Covid-19, le 06 mars dernier, le Togo a très tôt pris des mesures exceptionnelles pour couper la chaîne de transmission et la propagation du virus. La sobriété donc, de la célébration témoigne non seulement de la gravité du contexte, mais également de l’application effective au plus haut sommet des mesures prises : le nombre très réduit du corps militaire et des officiels tous en masque facial.

Sauf qu’elle n’enlève rien au charme, à la particularité et au symbole du moment. En plus de célébrer soixante années d’accomplissement de multiples rêves de liberté, cet anniversaire est celui d’une histoire riche en éclaboussures et en leçons. Il est prodigieux à plus d’un titre et aussi riche autant en engagements tenus, en angoisses surmontées et en rendez-vous à la fois symboliques et cruciaux pour l’avenir du pays, dont le tout dernier est l’élection présidentielle du 22 février dernier avec la reconduction de Faure Essozimna Gnassingbé pour un nouveau mandat.

Le Togo vient de loin. D’aussi loin qu’après avoir été “successivement protectorat allemand, condominium franco-britannique, territoire sous tutelle de la France”, il retrouve le 27 avril 1960 “sa liberté d’antan”.

L’ancien wharf (quai) visible sur le littoral de la plage fait d’ailleurs partie des vestiges de cette colonisation allemande au Togo. La ferraille en proie à l’érosion rappelle que le pays s’est attaché à une histoire particulière et mouvementée. Car dès le départ du colon, le vent de liberté rêvée ne sera que de courte durée avec l’assassinat dans la nuit du 12 au 13 janvier 1963 de Sylvanus Olympio élu deux ans plutôt, c’est-à-dire le 09 avril 1963, président de la République face à Nicolas Grunitzky. Ce dernier qui remplace alors le père de l’indépendance sera lui-même renversé à la suite d’un coup d’Etat par le Lieutenant-colonel Etienne Eyadéma le 13 janvier 1967. Il dirigera dès lors le Togo pendant environ quatre décennies marquées par des secousses politiques et des efforts manqués de changement autant économique que social jusqu’au début des années 1990 où à l’issue de la conférence nationale, le multipartisme est devenu réalité. Il reprend le pouvoir en 1993 après un moment de transition et le gardera jusqu’à sa mort en 2005 où Faure Essozimna Gnassingbé prendra le pouvoir. Entre temps, le Togo était sous embargo international depuis 1995. Toutes les portes en termes de coopération bilatéral et multilatéral lui sont fermées.

Le nouveau président au cours de son mandat réussira à propulser son pays selon un modèle économique bâti sur plusieurs leviers : l’attractivité avec une intense politique infrastructurelle, l’ouverture du pays aux investisseurs et aux créateurs de richesse, le cadrage macroéconomique, la finance inclusive comme réponse à la pauvreté et le secteur informel.

Une économie en nette amélioration

Très tôt, de significatifs progrès ont été enregistrés dans l’amélioration des conditions de vie des Togolais. Pour réduire la pauvreté, le gouvernement a lancé des programmes destinés à soutenir l’entrepreneuriat dans le monde rural…Pour exemple, le Togo flotte sur la barre des 75% de taux de pauvreté. En 2020, les réformes engagées par le Chef de l’Etat et son gouvernement l’ont ramené sous la barre des 50 %. En quête de liberté économique, le Togo n’a aussi pas manqué de reconquérir la démocratie dans toutes ses formes : liberté d’expression, la limitation du mandat présidentiel, financement public des partis politiques, l’indépendance de la justice, l’autonomie d’action de la société civile…

Alors, pour beaucoup d’observateurs, même si les dernières années n’ont pas permis de structurer le nouveau citoyen togolais avec une nouvelle conscience politique, elles ont permis de réaliser des rêves de liberté.

C’est dans ce contexte mieux élaboré et plus plaisant pour le Togolais nouveau qu’à l’issue des réformes constitutionnelles de mai 2019, le Chef de l’Etat Faure Essozimna Gnassingbé a été réélu pour un nouveau mandat de cinq. Il prêtera serment le 03 mai prochain dans la solennité. Mais déjà, ses priorités restent la paix et la sécurité. “(…) Notre région connaît une situation sécuritaire, particulièrement volatile et sensible. Nous avons la responsabilité de protéger la population”, a-t-il récemment rappelé dans une interview au Financial Times. À cela, s’ajoute pour le Chef de l’Etat une gouvernance plus ouverte et inclusive, une production de richesse axée sur le développement des secteurs à fort potentiel aligné sur le Plan National de Développement (PND 2018-2022).

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