UA : Un sommet aux enjeux cruciaux

Le 28ème sommet de l’Union africaine, qui s’ouvre, demain lundi à Addis-Abeba, au niveau des Chefs d’Etat et de gouvernement, est une messe africaine à multiples enjeux politique, diplomatique, économique ou encore sécuritaire.

C’est dire que ce rendez-vous biannuel se présente comme un prélude à une nouvelle ère de solidarité africaine, un vœu si cher aux leaders africains, et au développement d’un continent, déchiré par les guerres et tous les maux d’émasculation.

Sur le plan politique, cette réunion au Sommet devra examiner la situation dans plusieurs foyers de tension notamment au Burundi où les chefs d’État africains se pencheront sur la possibilité d’envoyer une force d’interposition dans ce pays de l’Afrique de l’Est qui traverse une profonde crise politique, sociale et économique depuis que son président, Pierre Nkurunziza a décidé, en violation des accords d’Arusha et de la constitution du pays, de briguer un troisième mandat présidentiel.

La crise somalienne est une autre question épineuse que le Sommet devra s’y pencher. Il est clair que la situation sécuritaire en Somalie est extrêmement instable et la menace posée par le mouvement Al Shabab est extrêmement élevée, surtout au centre-sud du pays et dans la capitale, Mogadiscio. La situation en Libye, au Sud-Soudan, au Mali en République Centrale africaine et en République Démocratique du Congo seront également au menu du Sommet d’Addis-Abeba qui est appelé plus que jamais à sortir avec des décisions pertinentes et opérationnelles pour tenter de résoudre ces conflits pesants.

A ce contexte sécuritaire s’ajoute la situation économique sur le continent qui n’est pas très flatteuse avec l’effondrement des coûts des matières premières notamment le pétrole et le fléchissement des investissements directs étrangers (IDE) à cause de l’instabilité de certains pays africains et du faible taux de croissance de leur économique nationale.

Retour du Maroc

Autre enjeu de ce sommet : la réintégration du Maroc dans l’organisation panafricaine qu’il avait quittée en 1984 en protestation contre la décision  de  Edem Kodjo, ancien Secrétaire général de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) d’admettre un Etat fantoche +RASD+.

Après 32 ans d’absence, voilà que le Royaume a décidé de réintégrer sa place naturelle au sein de l’institution panafricaine. Déjà, le Maroc dispose de plus de 40 pays qui soutiennent son retour. Un retour qui sera officialisé à la majorité simple des Etats membres, soit 28 pays, conformément à l’article 29 de l’Acte constitutif de l’UA.

De l’avis des observateurs, le retour du Maroc à UA est une décision très positive qui renforcera sans doute le positionnement de cette organisation sur le plan international. Ce retour aura un impact sur le développement futur de l’Union Africaine, d’autant plus que le Maroc est considéré comme une référence au niveau du continent dans plusieurs questions.

Le Maroc est non seulement l’un des premiers investisseurs en Afrique, mais il est devenu aussi une référence en matière de gestion de la chose religieuse et un pays ayant un rôle central en rapport avec la sécurité et la stabilité régionales et internationales.

De même, le Royaume, qui a mis en œuvre une politique africaine multidimensionnelle aux résultats évidents, n’a jamais cessé d’apporter son soutien et son aide à plusieurs pays de son entourage africain.

Élection à la tête de la commission

La succession de Nkosazana Dlamini-Zuma à la tête de la présidence de la Commission de l’Union africaine (UA) sera au cœur du 28e sommet des chefs d’Etat de l’UA.

Pour rappel, lors du précédent sommet, en juillet 2016, à Kigali, aucun des trois candidats, l’Equato-Guinéen Agapito Mba Mokuy, la Botswanaise Pelonomi Venson-Moitoi et l’Ougandaise Speciosa Wandira-Kazibwe, n’avait obtenu les deux tiers des votes nécessaires.

Cependant, cinq candidats convoitent ce poste stratégique de la présidence de la CUA et qui seront départagés lors de ce sommet. Il s’agit du Sénégalais Abdoulaye Bathily, de la Kenyane Amina Mohamed, du Tchadien Moussa Faki Mahamat, de l’Équatoguinéen Agapito Mba Mokuy et du Botswanais Pelonomi Venson-Moitoi.

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