Mgr Fanoko Kpodzro

La Conférence Nationale Souveraine, un échec ?

Le Togo commémore ce 8 juillet le 25e anniversaire de la conférence nationale souveraine. Ces assises nationales qui ont regroupé, les acteurs de tous les secteurs du Togo du 8juillet au 28 août 1991, ont marqué un tournant décisif de l’histoire du pays. A la question de savoir quel peut être l’héritage de ces assises qui à l’époque a pu laisser présager un nouveau départ pour le Togo, les réponses divergent selon les acteurs qui ont été au premier des discussions. Pendant que certains font le bilan d’un échec, d’autre préfèrent voir le verre à moitié plein.

Pour Me Djovi Galley, il serait  inopportun de constater l’échec de la conférence nationale souveraine même si les résultats  attendus n’ont pu être atteints. « Les assises nationales de 1991 ont permis d’analyser tous les maux du Togo et ce dans tous les secteurs. Malgré les dérapages constatées lors des discussions, nous avons abouti à des conclusions qui, si elles avaient été mis en œuvre auraient contribué largement à l’avancée démocratique du Togo ».

« Notre Conférence Nationale, ne nous voilons pas la face, a été un échec total (…)  ». Me Yaovi Agboyibor

Opinion partagé par la Secrétaire Générale de la Convention Démocratique des  Peuples Africains (CDPA) pour qui ces assises étaient « la meilleure chose qui soit arrivé au Togo dans sa marche vers la démocratie ». « Si les résultats de cette conférence ne sont pas ce que nous aurions souhaité c’est justement parce qu’au Togo nous ne savons pas respecter les engagements que nous prenons. Le Benin a pu tirer profit de sa conférence nationale souveraine parce que le Président KEREKOU a fini par écouter son peuple et à respecter le désir des Béninois, alors qu’au Togo nos dirigeants sont de mauvaise foi » analyse-t-elle.

Cette analyse n’est pas du goût de son collègue du Comité d’Action pour le Renouveau (CAR), Me Yawovi Agboyibor, pour qui l’échec de la conférence nationale est à rechercher avant tout dans la méthode utilisée par certains partis de l’opposition pour amener le Général Eyadema à concéder ce  que le peuple exigeait de lui.

«  L’opposition, ou du moins une frange de l’opposition, à cette époque avait opté pour la méthode de conquête au lieu de celle du dialogue. Au lieu d’amener le Général Eyadema   à concéder ce que le peuple exigeait de lui par le dialogue politique, la tendance de l’époque penchait plus pour une revendication par la rue qui n’a contribué qu’à radicaliser un peu plus le régime RPT et les mêmes erreurs se produisent encore aujourd’hui pour les mêmes résultats» explique Me Agboyibo. Et de conclure  « Notre Conférence Nationale, ne nous voilons pas la face, a été un échec total (…)  Il revient aujourd’hui aux politiques togolais de plancher sur les erreurs  communes  qui ont scellé depuis 1991 le sort démocratique du Togo».

S’ils ne partagent pas les mêmes points de vue sur le bilan des assises de 1991 les différents acteurs à travers leurs témoignages ont tout de même  reconnus que des initiatives sincères doivent être pris de part et d’autres en vue de régler une fois pour de bon les questions qui bloquent la réconciliation nationale et l’avancée démocratique au Togo.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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